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Ils sont partis se battre, et Dieu les a bénis/Ils sont partis se battre, et cet élan suprême/D’espérance et de foi, malgré tous les blasphèmes/Leur doit être compté un jour au juste prix/De toute leur jeunesse immolée au pays.
Tel est le début d’un poème écrit par André Paquot, un jeune Belge ayant fui son pays occupé pour entrer à la RAF. Quelques mois plus tard, en 1944, il fut tué aux commandes de son Typhoon. Comme nombre de ses compatriotes engagés dans l’aviation britannique, il ne vit pas la fin de la guerre.
L’histoire des volontaires belges dans les aviations alliées de la Seconde guerre reste encore de nos jours à l’état d’ébauche vu sa complexité imputable à la grande diversité des destins individuels. Contrairement aux Français, Tchèques, Polonais, Norvégiens, … qui eurent tendance à se regrouper dans des unités ‘ethniques’, les Belges - issus d’une nation très souvent occupée - renâclèrent face à l’autorité et n’eurent dès lors aucun scrupule à ‘s’éparpiller’ au sein de la RAF. Certains allèrent même jusqu’à fuir l’enrôlement ou le transfert dans des unités se voulant purement belges. Si ce petit pays engagea pas moins de 29 aviateurs dans la Bataille d’Angleterre en septembre 1940 (15 dans le Fighter Command et 14 dans le Coastal Command), malgré ce record initial, la ‘Section belge de la RAF’ ne fut jamais capable de contrôler et de rassembler tous ses membres dispersés aux quatre coins de la planète. Des aviateurs belges combattirent (ou périrent) sur la France, l’Italie, les Açores, le Canada, l’Allemagne, la Pologne, la Roumanie, la Libye … et même sur le sous-continent indien.
Le présent ouvrage est certes fragmentaire mais vise néanmoins à apporter sa pierre à une histoire encore à écrire. II rassemble quatre destins d’aviateurs belges qui, dès la chute de la France en juin 1940, furent parmi les premiers à gagner la Grande-Bretagne pour poursuivre le combat :
-Jean Offenberg, pilote de chasse à l’Aéronautique Militaire, fut rapidement engagé au sein du Fighter Command. Il s’illustra entre autres lors de la Non-Stop Offensive de 1941, mena au combat un Squadron britannique mais fut tué en 1942 dans une collision aérienne.
-Jean Drymael, compétent ingénieur aéronautique plein de promesses, était désireux de combattre dans le ciel. Il opéra cependant peu de temps au Coastal Command avant de disparaître en mer devant Brest.
-André Cantillion, jeune Wavrien à l’aspect effacé, choisit pour sa part de voler dans une unité de reconnaissance photographique lointaine. Il prit part à 34 missions risquées et très aléatoires avant de périr en Baltique.
-Henri Picard, passionné par la nature et les animaux, entra au No 350 (Belgian) Squadron. Capturé après avoir été abattu sur la Manche, il prit part à la ‘Grande Évasion’ mais, très vite repris, fut assassiné.
Chaque biographie vise à récréer la personnalité de ces quatre aviateurs aux expériences et à la fin très différentes, cela à l’aide d’écrits, de documents, de lettres, de carnets et de témoignages. Ce qui permet de faire revivre les engagements, les idéaux, les aspirations, les sentiments et les moments de joie ou de doute de ces quatre jeunes hommes. Puisse le lecteur ainsi appréhender ce que fut pour eux ce suprême élan qui influença et forgea leurs destinées.